Beith David

Rétablir le Sanhedrin

« Isaïe, 1, 26 : « Je restaurerai tes juges comme autrefois, tes conseillers comme à l’origine. Ensuite, on t’appellera ville de Justice, cité fidèle. »

Le rétablissement du Sanhedrin possible mais nécessaire:

  • Des tribunaux justes, vrais avec une hauteur spirituelle.

Le Sanhedrin est constitué de 71 sages d’une hauteur spirituelle exceptionnelle et exemplaire. Des hommes intègres au coeur vrai, aimant, équilibré et juste. Cette intégrité inégalée, ancrée en la loi Divine, assure à chacun  une véritable justice. La justice est une valeur suprême par laquelle se manifeste, au sein même de la société, la finalité du Don de la Torah. C’est à dire une spiritualité qui aide les hommes et améliore leur vie en société tant au niveau économique, que social, conjugal, éducatif ou tout autre domaine de la vie.

La Torah, à travers son code de loi, établit pourtant une véritable jurisprudence complète et éclatante de sagesse, sur tous les domaines de la vie. En effet la justice humaine n’est que relative, donc imparfaite. Elle ne peut tenir compte de toute la réalité d’une situation de façon absolue, ce qui rend toutes les règles du jugement  »humain » profondément arbitraire. Ainsi, les codes de valeurs comme les degrés de gravité d’un litige varient d’un pays à l’autre.

Nous voyons ainsi, le système juridique actuel d’Israël, lui même basé sur un modèle anglo-turque. Ce qui n’a aucune origine légitime dans l’histoire du peuple d’Israël. 

Il est une obligation pour Israël d’établir ses tribunaux selon les lois de la Torah. Le célèbre commentateur Rashi appelle ainsi le Sanhedrin « les yeux d’Israël » et ne conçoit pas qu’Israël puisse être dirigé sans à sa tête  »ses yeux pour voir ».
  • Une justice authentique et expression réelle de la sagesse d’Israël.

Les lois ont été préparées, travaillées, codifiées et établies, par l’ensemble des sages du peuple juif depuis 3500 ans. Aucun système ne saurait l’égaler et justifier d’une telle sagesse .

De nombreux textes définissent la justice comme le pilier du monde. Les nombreuses règles du système juridique de la Torah en font une justice respectée et suffisamment dissuasive pour préserver l’homme de l’immoralité et la transgression mais elle aussi tolérante et permissive. C’est ainsi que nous trouvons, pour des transgressions exceptionnellement graves, la peine de mort mais pour autant celle-ci n’a été  appliquée qu’une seule fois en 900 ans durant lesquels le Sanhedrin siégeait.

  • Une initiative en cours de réalisation.

Des initiatives ont été prises depuis cette dernière décennie en Israël par près de 300 rabbanim d’Israël afin de rétablir le Sanhedrin. L’organisme www.thesanhedrin.org a ainsi vu le jour. Le manque d’un plan d’action concret et cohérent avec l’ensemble du peuple juif, tel que le propose maintenant Beith-David, n’a pas permis à ce jour la mise en place effective du Sanhedrin d’Israël.

Notre mouvement est ainsi en discussion avec l’organisme.

Pour de plus amples informations veuillez cliquer ici:  SanhedrinLogo

Jérusalem véritablement

PSAUME 122 : « … Jérusalem reconstruite, comme une ville d’unité! …Car c’est là-bas que seront établis les sièges de la justice, les sièges pour la famille de David…Que la paix règne dans tes murs, la sécurité dans tes palais!… »

Rétablir la lumière, l’équilibre et la paix du monde :

Les Sages nous enseignent concernant la construction de Jerusalem :

‘’Ne lis pas : יְרוּשָׁלִַם הַבְּנוּיָה – Jérusalem construite’’ (au niveau architectural) mais ‘’Pleine de sages’’ ainsi qu’il est écrit dans le texte ‘’Ceux qui construisent’’ dans  Isaïe 54-13 : ‘’ בָּנַיִךְ, לִמּוּדֵי יְהוָה; וְרַב, שְׁלוֹם בָּנָיִךְ – Tes enfants (même racine de lettres composant le mot : tes constructeurs) seront les disciples de l’Eternel; grande sera la paix de tes enfants. ‘’ Les constructeurs sont les disciples de l’Eternel, les sages.[1]

Le commentaire du Méiri nous rapporte sur ce verset : ‘’Chez les peuples du monde, il y a très peu de sages, et ils sont éparpillés et isolés. S’ils veulent se concerter pour trouver conseil dans leurs affaires, ils doivent se réunir. Tandis qu’à Sion, tous sont sages et peuvent diriger et donner conseil.’’ Telle est la place de Jérusalem et ce qu’elle devrait-être pour Israël et le monde.

Jérusalem, ne devrait pas être perçue seulement comme le vestige d’une histoire ancienne ou de celle des religions. Encore moins un site touristique, attisant la curiosité et l’envie de visiter la ville comme lorsque l’on visiterait un site archéologique, une ruine ou un musée. Ni même dans le meilleur des cas, un endroit ou nous nous prêtons plus facilement au recueillement personnel, que ce soit par l’ambiance qui y règne ou parce qu’à cet endroit cela est bien évidemment plus convenable.

Un recueillement y est certes approprié, voir nécessaire, mais la ‘’seule dimension spirituelle personnelle’’ ne peut suffire. Ce seul aspect de la perception du spirituel, absolument détaché finalement de toute implication dans la réalité des hommes dans leur ensemble et dans ‘’leurs affaires’’; ne dévoile en rien le rôle véritable de Jerusalem et sa dimension universelle. Il s’agit même plutôt d’un leurre, une manière subtile de voiler aux hommes la réelle dimension de Jérusalem.

Rétablir réellement la pleine dimension des sages et de la spiritualité vécue et bien réelle de Jérusalem, sa dimension ‘’Une et universelle’’, c’est redonner ‘’vie’’ au cœur spirituel du monde. Autant que le cœur bat pour le corps et lui donne l’impulsion de ‘vie’’, Jerusalem doit revivre, être ressuscitée, reconstruite et rebâtit afin de réanimer, ici non le corps, mais l’âme de l’humanité et avec elle chaque peuple et chaque être humain. Permettre au peuple de la Torah de faire revivre cette dimension actuellement absente du monde et de montrer cette voie qu’Israël à le devoir d’initier, c’est permettre au monde de se réaliser et de s’accomplir.

RÉUNIFIER RELIGIEUX & LAICS

Populariser la Torah

  • Rétablir la réelle dimension et place de la Torah dans la nation:

Les sages d’Israël devront se positionner et s’impliquer dans les grandes décisions et accompagner le rétablissement de l’unité et de la fraternité avec le peuple entier afin de l’éclairer, l’aider, l’aimer et le rapprocher de D.ieu. Le monde religieux devra donc évoluer en se tournant avec tolérance véritable, vers le peuple et ses préoccupations dans son ensemble.

Les grands maîtres du peuple juif doivent être mis à l’honneur et avoir la capacité de faire entendre leur voix à tout Israël et de s’impliquer dans ses grandes décisions. Le monde orthodoxe et des Yeshivoth ne peut plus se contenter de garder le silence face à la destinée d’Israël et face au monde entier. Il doit s’impliquer dans la vie politique intérieure, étrangère, sociale, spirituelle et l’éducation d’Israël.

  • Faire connaître une Torah vivante, forte, ouverte et bienfaisante:

La Torah ne doit pas rester enfermée dans les yeshivoth ou seulement dans les livres et limitée à amener à la Techouva individuelle. Ceux qui possèdent la Torah ont le devoir d’unifier le D.ieu d’Israël avec Son peuple.

Un peuple revenu de 2000 d’exil, de souffrance tel qu’aucun autre peuple n’a subie. Un peuple à peine reconstitué et qui renait de ses cendres. Un peuple aimant son D.ieu envers et contre tout. Un peuple méritant mais blessé par 2000 ans d’exil et de pogroms. Ceux qui étudient la Torah doivent se préoccuper et soigner leur frère que D.ieu leur a confié. Il ne s’agit pas d’amener chaque juif à être orthodoxe – même à l’époque du temple Israël comportait en son sein différents types de juif comme à travers toute son histoire. Il s’agit de réconcilier chacun dans son cœur avec le D.ieu d’Israël. Amener un véritable exemple d’amour, de tolérance et de préoccupation.

 

PRÉPARER LE RÉTABLISSEMENT DE LA ROYAUTÉ

זָנַח יִשְׂרָאֵל, טוֹב; אוֹיֵב, יִרְדְּפוֹ. ד הֵם הִמְלִיכוּ וְלֹא מִמֶּנִּי, הֵשִׂירוּ וְלֹא יָדָעְתִּי; כַּסְפָּם וּזְהָבָם, עָשׂוּ לָהֶם עֲצַבִּים, לְמַעַן, יִכָּרֵת. ה זָנַח עֶגְלֵךְ שֹׁמְרוֹן, חָרָה אַפִּי בָּם; עַד-מָתַי, לֹא יוּכְלוּ נִקָּיֹן.

Osée 8-3,5: « Israël a délaissé le bien, l’ennemi le poursuivra. Ils ont établi des rois sans Mon aveu, des chefs à Mon insu: de leur or ils se sont fait des idoles de façon à causer leur perte »

La royauté:

On retrouve dans les trois étapes mentionnées dans le paragraphe du Rambam – Maimonide (Michné Torah) les trois Mitsvot que les Enfants d’Israël doivent accomplir en rentrant en Israël : se nommer un Roi, combattre Amalek, construire le Temple.

La royauté d’Israël est la seule force politique authentique, légitime et véritable d’Israël. Elle est le fondement de la nation juive, « sa pierre angulaire ». Elle réunit, fédère et permet la cohésion du peuple, de toutes ses tribus et de ses différents courants. Elle est son centre de gravité, son point d’équilibre, comme le moteur de la dynamique de la nation (Le coeur des rois est dans les mains de D.ieu).

Le roi d’Israël réunit, rassemble les juifs de tous les courants, de tout bord (religieux ou non) en assurant une direction à Israël en adéquation avec le projet Divin afin d’aider chacun à accomplir sa réalisation tant au niveau individuel qu’au niveau collectif.

Qualités d’un roi d’Israel:

Le texte de Perkey Avoth nous enseigne (Ethique des Pères – Chapitre Six) les 30 vertus que doit avoir un véritable dirigeant d’Israël (un Roi):

l’étude, l’écoute attentive, l’articulation des mots, le discernement du cœur, la frayeur, la crainte, l’humilité, la joie, la pureté, le service des Sages, l’attachement aux condisciples, la discussion aiguisée avec les élèves, la réflexion, [la connaissance de] l’Écriture, [et de] la Michnah, la réduction de la conduite des affaires, la diminution des usages mondains, la diminution des jouissances, la réduction du sommeil, la réduction des conversations, la diminution des plaisanteries, la longanimité, le bon cœur, la foi dans les Sages, l’acceptation des souffrances, la connaissance de son rang, la satisfaction de ce que l’on possède, la modération des propos, s’abstenir de se vanter, être aimé, aimer D.ieu, aimer les créatures, aimer les voies de la justice, aimer les voies de la rectitude…

LUTTER CONTRE LE MENSONGE MONDIAL / LA DESINFORMATION

הוֹדוּ לַיהוָה, קִרְאוּ בִשְׁמוֹ; הוֹדִיעוּ בָעַמִּים, עֲלִילוֹתָיו. ב שִׁירוּ-לוֹ, זַמְּרוּ-לוֹ; שִׂיחוּ, בְּכָל-נִפְלְאוֹתָיו

Psaumes 105,1,2 : ’’Rendez hommage à l’Eternel, proclamez Son Nom, publiez parmi les nations Ses hauts faits. Chantez en Son honneur, célébrez-Le, entretenez-vous de toutes Ses merveilles.’’ 

Faire entendre la voix d’Israël, sa Torah et sa puissance:

Il est impératif de sortir Israël, comme le judaïsme, de la diffamation dont il a été victime depuis 2000 ans.

Plusieurs milliards d’êtres humains, pour ne pas dire quasiment l’intégralité de l’humanité, ignorent parfaitement tout du judaïsme. Tant de ses fondements authentiques, que sa richesse, sa profondeur, « l’intelligence supérieure » (divine) qui y est cachée, ses valeurs et les bienfaits de sa sagesse pour l’âme, l’homme et l’humanité entière. Les nations ne doivent plus être ignorées par Israël. Laissées depuis toujours à l’écart, les nations se sont «inventées » de fausses images d’Israël. Les millénaires de propagandes antisémites l’ont salis, il faut le réhabiliter et le rehausser. La beauté comme la puissance des vérités de la Torah doit être diffusée à travers le monde entier. Avec elle, c’est l’image réelle du peuple d’Israël qui se relève et qui réintègre, dans l’esprit et le coeur de chacun, sa place. Cette place alors acceptée et reconnue d’un peuple qui a su, malgré les persécutions innombrables dont il a été victime au cours de l’histoire, rester fidèle à D.ieu.

Il incombe au peuple juif d’exposer au monde sa vision, son savoir et le sens réel du monde, comme le dit le Roi David : « …proclamez Son Nom, publiez parmi les nations ses hauts faits. » (Ps 105). Il ne s’agit pas d’une métaphore, d’une simple poésie à l’éloge de D.ieu, mais bien d’une véritable clef qui permettra à Israël d’obtenir une véritable reconnaissance du Divin par les nations et du rôle d’Israël pour le monde.

Israël doit révéler, justifier, s’entretenir et exposer (Ps -105-) à chaque peuple son rôle et sa place dans la famille des nations.

Le peuple élu tel que l’appel les textes a pour vocation principale d’être tel »l’ainé » d’une grande famille, celles des nations du monde qui forment l’humanité. Son rôle est avant tout un devoir réel à l’égard des autres membres de la famille des nations. Le monde moderne a besoin de repères et d’un sens réel à sa vie au delà de ce qu’offre les différents modèles de société du monde. Le judaïsme et la beauté qu’il renferme, est resté méconnu du monde et n’a pas permis aux nations d’accepter véritablement Israël. Il doit maintenant jaillir et briller au yeux du monde entier! Libérer le monde de son matérialisme, de son immoralité et de l’obscurantisme de certaines régions du monde. Il incombe à Israël de donner un sens collectif à l’humanité toute entière afin de faire connaitre la sagesse et la paix véritable au monde.

Israël se relève ainsi, éclairant et portant en lui l’expérience de tous les peuples, de tous les opprimés et de tous les succès, de toutes les régions du monde, de toutes les idéologies et de tous les savoirs comme il est écrit : Isaïe, 66, 12 – Car voici ce que dit l’Eternel: « Je ferai affluer, dans ses murs, la paix comme un fleuve, et comme un torrent impétueux la richesse des nations, et vous vous en nourrirez, portés dans leurs bras, bercés sur leurs genoux. Israël doit se préoccuper de son prochain et l’accompagner à la sortie de son ignorance et lui permettre de se révéler et de s’accomplir en réalisant son rôle au sein de l’humanité. 
La sagesse authentique d’Israël et de sa Torah qui fut révélée à l’époque du Roi Salomon doit reprendre sa place et faire connaitre à l’humanité entière la paix et les bienfaits de cette époque sublime. L’humanité n’a plus jamais connu une telle ère de paix, de plénitude et de bénédiction. Le peuple juif ne peut plus laisser le monde actuel avec tant de désordre et de confusion entre les hommes et les nations. Chaque espèce, chaque créature et chaque peuple a bel et bien sa place dans l’ensemble du projet Divin.

 

ÉCLAIRER ET GUIDER LES NATIONS – ACCOMPLISSEMENT RÉEL D’ISRAEL

 Isaïe, 55, 4 : « Certes, Je l’ai établi comme un témoin pour les nations, comme le guide et le législateur des peuples. »

Les différents modèles de société sont défaillant, limités et mènent tant au déséquilibre du monde, qu’aux guerres sans fin et au chaos. Le fait qu’Israël puisse reprendre sa fonction de  »guide spirituel » parmi les nations permettra au monde entier d’accéder à une spiritualité universelle et enrichissante sur tous les plans.

Tous les hommes ont été crées différents les uns les autres. Cela pour apprendre à l’homme tolérance vis à vis de cette différence inhérente dans la vie, et afin qu’il puisse apprendre et s’enrichir de l’expérience que peut lui apporter cette différence. Un homme apprend de sa femme, comme des parents de leurs enfants et un maîtres des questions de ses élèves. Chacun à sa fonction afin d’apporter à sa manière à l’autre un éclairage différent, comme un autre angle qui serait, sans cet autre si différent, resté imperceptible de prime abord.

Seulement chacun doit occuper sa fonction et chercher à prendre le rôle de l’ordre n’amène que désordre et chaos. Au sein des peuples, tous ne peuvent aspirer à cette fonction de prêtre des nations.  Non seulement les textes Bibliques définissent Israël seul comme ayant cette distinction car là est sa raison d’être et qu’avec l’accomplissement seulement de cette fonction, s’exprime son essence.

Le royaume d’Israël, basé sur les valeurs authentiques de la Torah offre un équilibre parfait et un modèle idéal de vie et de société pour le monde. Il est le juste point d’équilibre de la pluralité et de l’union avec cohésion, du matériel et du spirituel, de l’infini Divin et de son mariage harmonieux avec tous les hommes.

Un royaume permettant de faire régner les valeurs sublimes et suprêmes de la vie afin d’apporter au monde et de l’accompagner dans son entrée, à son rythme et à la manière pour chaque peuple dans une ère mondiale de plénitude. D’ieu a crée le monde pour le bien des hommes.

      Le peuple élu – le peuple du Livre:

Avec approximativement, plus de 4 milliards de croyants en la Bible, l’humanité connait dans ses racines les plus profondes le peuple d’Israël comme « le peuple choisi, le peuple du Livre ».

Le sens de cette distinction est celui d’un devoir envers la grande famille des nations. Avant tout un devoir et une responsabilité spirituelle et morale à son égard. Tel est le sens réel de son élection, qui est oublié des nations leurs causant une perte inestimable. Un rôle unique et spécifique, non pour dominer ou connaitre un privilège quelconque, comme certains hommes ont voulu le faire croire au cours de l’histoire parfois par ignorance, parfois par jalousie primaire ou bassesse et cupidité. Mais bien pour éclairer et guider les nations selon les voies de D’ieu, Le D’ieu unique, Créateur de tous les peuples et de toute chose dans l’Univers.

Dans une première étape Israël a du supporter la lourde charge d’une mise à l’épreuve à travers toutes les époques ‘’aux quatre coins de la terre’’. Israël s’est forgé et enrichis d’une expérience précieuse unique de son exceptionnelle et longue traversée du désert lors de son histoire et a gravé en son âme collective un lien essentiel et intrinsèque avec D’ieu Lui-même.

[1] Talmud – Rabbi Yossi Hagalili : ‘’Qui sont ceux qui gardent (préservent – maintiennent) la ville : ce sont les sages.’’

 

Taleb Abou Arar : le député arabe israélien qui dépasse les bornes

C’est sans doute le député le moins connu de la Liste arabe unifié. Taleb Abou Arar n’en est pourtant pas à son coup d’essai mais hier à l’occasion de la journée de la terre (Yom Haadama) célébrée par une partie de la population arabe israélienne, Abou Arar n’a pas fait dans la dentelle.

Taleb Abou Arar représentant des Bédouins dans la Liste arabe unie se trouvait hier à la tête d’un rassemblement dans un village du Néguev. Pour rien au monde, il ne raterait les manifestations, chaque 30 mars en souvenir de la mort de six manifestants arabes israéliens tués par la police lors d’une vague de protestations violentes en 1976. La journée de la terre est devenue le symbole des nationalistes arabes en Israël. Cette journée donne lieu à de multiples déclarations de la part des élus arabes de la Knesset qui rivalisent d’ingéniosité pour dénoncer…un peu tout et n’importe quoi.

Mais c’est sans conteste Abou Arar qui a remporté la palme d’or de la déclaration la plus outrageante contre Israël. Devant une foule conquise, le député a déclaré : « Israël est un Etat terroriste, j’appelle tous ceux qui se sont engagés dans les rangs de Tsahal à retirer leur uniforme et à rejoindre le combat ». Son appel visait les Bédouins israéliens qui sont quelques centaines chaque année à servir dans les rangs de Tsahal.

Taleb Abou Arar est réputé pour sa détestation d’Israël, c’est lui qui avait au début du mois de novembre 2014 crié Allah Ouakbar à la tribune de la Knesset, au court d’un débat qui proposait de limiter la portée des hauts parleurs des muezzins dans l’appel à la prière musulmane. Il s’était aussi fait remarquer en juillet 2015 dans une interview sur les ondes de Galei Tsahal lorsqu’il avait déclaré  « non seulement il n’y a jamais eu de Temples juifs sur l’esplanade des mosquées, mais les mosquées se trouvent sur l’esplanade depuis que le monde fut créé, le monde est musulman depuis les origines et les Juifs n’ont aucun droit de se trouver dans tout le périmètre du Mont du Temple y compris le Mur occidental ».

Taleb Abou Arar à la Knesset en 2014: Allah Ouakbar !

Sources: Coolamnews.com – le 31 mars 2016

La plus grande menace pour Israël serait-elle le népotisme (et non le terrorisme) ?

Récemment diffusée, la série télé à succès « Cuillère en argent » entend stimuler l’imagination du public avec un examen en règle des inégalités et des élites avides de pouvoir.

Alors qu’Israël est désormais sous la menace quotidienne d’attaques au couteau, déjouées ou non, il est curieux qu’une émission de télévision parlant d’économie tienne le public en haleine. Tel est l’exploit de « Cuillère en argent » (Magash Hakesef), une série documentaire en trois parties diffusée sur la Huitième chaîne, une station câblée israélienne.

« Je viens de regarder deux épisodes de ‘Cuillère en argent’ » a tweetté l’avocat Yuval Yoaz. « Un coup à l’estomac, les mots me manquent ».

« Il s’agit peut-être de l’émission de télévision la plus importante des dix dernières années » a écrit l’entrepreneur high-tech Shai Wolkomir dans un post public sur Facebook.

« Pourquoi ? Peut-être (simple hypothèse), qu’elle a le pouvoir d’éveiller ce qui était mort en nous ».

Doron Tsabari, Guy Rolnik et Amir Ben-David (Crédit : Facebook)

Doron Tsabari, Guy Rolnik et Amir Ben-David (Crédit : Facebook)

Le documentaire, conçu par le journaliste Amir Ben-David et le réalisateur de télévision Doron Tsabari, est un réquisitoire dévastateur contre un système économique devenu si concentré et élitiste qu’Israël pourrait bientôt rivaliser avec le Rwanda et la Namibie dans le domaine de la corruption.

Chaque épisode de la série est centré autour d’un critique virulent du comportement des élites économiques d’Israël et de leurs relations incestueuses avec des hommes politiques.

Le premier est Guy Rolnik, le rédacteur en chef rebelle du quotidien économique The Marker. Le deuxième épisode suit Yaron Zelekha, l’ancien comptable général d’Israël qui a été évincé de son poste en 2007 après avoir accusé le Premier ministre d’alors, Ehud Olmert, de corruption. Le troisième et dernier épisode, se concentre sur Daniel Gottwein, un historien de l’économie enseignant à l’Université de Haïfa.

Tous les trois sont filmés lors de conférences données à des jeunes, et ces clips sont entrecoupés d’animations, d’interviews à la Michael Moore avec des gens puissants, et d’images d’archives.

La conclusion sans appel du documentaire est que l’avenir d’Israël est moins menacé par des ennemis extérieurs que par le capitalisme « de copinage » et l’emballement des inégalités qui est en passe de détruire le tissu social de l’intérieur.

Voler les fruits de l’économie.

La série débute avec des images d’une orangeraie. « Imaginez l’économie israélienne comme si c’était une orangeraie » raconte la voix-off.

« Les fruits appartiennent à nous tous. Mais l’orangeraie a besoin d’un jardinier – le gouvernement – qui est responsable de la cultiver, de distribuer les fruits de façon équitable, et de veiller à ce qu’elle donne encore des fruits dans les années à venir. Mais quelque chose dans notre orangeraie a mal tourné. Les groupes d’intérêt ont abusé de leur pouvoir pour manger plus de fruits que les autres, pour déraciner les arbres et même s’approprier des sections entières de l’orangeraie ».

Rolnik devant des étudiants (Crédit : YouTube)

Rolnik devant des étudiants (Crédit : YouTube)

Dans le premier épisode de « Cuillère en argent », Rolnik souligne qu’environ 20 individus contrôlent la plupart du crédit bancaire en Israël, et que seulement deux banques, Leumi et Hapoalim, contrôlent 60 % de ce crédit.

20 « magnats » d’élite israéliens, comme on les appelle en Israël, se prêtent de l’argent les uns les autres et échouent souvent à fournir du crédit aux petites entreprises, ce qui fait qu’une large partie de l’industrie est contrôlée par des monopoles ou des cartels. Parmi les magnats qu’il mentionne, l’on trouve Shari Arison, Nochi Dankner, Yair Hamburger, et Yitzhak Tshuva.

En fait, dit Rolnik, il y a 69 monopoles en Israël avec contrôle monopolistique ou quasi-monopolistique sur environ 125 secteurs de l’économie israélienne.

Dans le deuxième épisode de « Cuillère en argent », Zelekha montre comment fonctionne la concentration sur le marché alimentaire.

« La nourriture en Israël est de 20 % à 25 % plus chère qu’en Europe » décrit-il devant un auditoire d’étudiants et de citoyens divers. « Cinq entreprises – Tnuva, Strauss-Elite, Coca-Cola, Osem et Unilever Telma – rassemblent 48 % du total des aliments vendus en Israël. L’autre moitié du marché est répartie entre 1 008 petites entreprises ».

Zelekha visitant un supermarché, dans le documentaire (crédit : Youtube)

Zelekha visitant un supermarché, dans le documentaire (crédit : Youtube)

À un moment du documentaire, Zelekha visite un supermarché et commence à nommer les entreprises derrière chaque produit de l’étagère.

« Coca-Cola, Coca-Cola, Coca-Cola, » assène-t-il face aux rayonnages de boissons gazeuses.

Zelekha se tourne alors vers l’autre côté de l’allée, où il voit une rangée de bouteilles de Fuze Tea. Il en retourne une et, ô surprise, elle aussi est fabriquée par Coca-Cola. Zelekha répète le processus dans l’allée de produits laitiers, où des rangées et rangées de cartons portent l’étiquette Tnouva. Quand il aperçoit un carton produit par Tara, Zelekha le saisit et lit les petits caractères. « Coca-Cola ! », il annonce.

Zelekha informe son auditoire qu’Israël se classe 141e sur 148 pays en termes de niveau de concurrence sur les marchés de consommation. L’Etat juif, dit-il, est sur un pied d’égalité avec la Serbie, en Haïti, au Tchad et en Mongolie, et est même classé derrière la Libye, pourtant défaillante, en termes de compétitivité.

Quand on en vient à l’évaluation des efforts du gouvernement pour casser les monopoles, Israël se classe 109e dans le monde, selon Zelekha.

Mais il y a pire. Zelekha rapporte qu’Israël a chuté de 20 points dans les 13 dernières années dans les classements mondiaux de corruption. En 2001, Israël a été classé à la 16e place, à égalité avec les Etats-Unis.

En 2002, il est tombé à la 18e place. En 2005, Israël était à la 28e place en 2014 et il est tombé à la 37e. Si cette tendance se poursuit, Zelekha avertit dans le documentaire, dans 13 ans, le niveau de corruption du pays rivalisera avec celui du Rwanda, de la Namibie et de l’Angola.

« Des réactions incroyables”

Le co-créateur de « Cuillère en argent », Amir Ben-David a déclaré au Times d’Israël que les réactions à la diffusion du premier épisode ont été « incroyables ».

« Je n’ai jamais rien connu de tel. Des centaines de personnes sont entrées en contact avec moi. Les gens débattent, discutent et incitent leurs amis à le regarder. Nous avons eu une critique très positive du site web très connu des haredis, B’Hadrei Haredim, et la députée de Meretz, Zehava Gal-on, a déclaré que tout Israélien avait le devoir de le regarder ».

Selon Ben-David, le système de népotisme israélien s’est construit au cours des 30-40 dernières années alors que le regard de la population a été détourné vers les angoisses existentielles à propos des guerres et de la sécurité.

Des centaines de milliers d'Israéliens sur Kikar Hamedina en septembre 2011, pour davantage de justice sociale. Il s'agit de la plus grande manifestation de l'Histoire en Israel. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Des centaines de milliers d’Israéliens sur Kikar Hamedina en septembre 2011, pour davantage de justice sociale. Il s’agit de la plus grande manifestation de l’Histoire en Israel. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Des centaines de milliers d’Israéliens sur Kikar Hamedina en septembre 2011, pour davantage de justice sociale. Il s’agit de la plus grande manifestation de l’Histoire en Israel. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

« En 1976, Israël était l’un des pays les plus égalitaires du monde, aux côtés de la Suède. Aujourd’hui, c’est l’un des plus inégalitaires, et cela empire rapidement ».

Le problème, dit Ben-David, est que la plupart des gens ne comprennent pas l’économie.

« Au cours des dernières décennies, les gens ont choisi pour qui ils vont voter pour la base de leur position sur Jérusalem ou sur les négociations avec les Palestiniens, mais si vous leur demandez ce que leur représentant pense à propos de la fiscalité ou des taux d’intérêt, ils ne le savent pas ».

Il ajoute : « La plupart des gens voient l’économie comme quelque chose qui tombe du ciel, comme la pluie. Ce n’est pas le cas. Il y a des décisions, des politiques derrière des choix comme les taux d’intérêt, l’inflation et le fait que les prix des appartements sont à la hausse ou à la baisse. Voilà ce que nous essayons de faire dans la série : montrer que l’économie n’est pas le temps qu’il fait, elle se compose de décisions prises par des gens et il est possible de prendre des décisions qui serviront la majorité ».

Selon Ben-David, le troisième épisode offre une analyse historique de la façon dont Israël est passé d’une société très égalitaire à très inégalitaire en seulement trois décennies, mais il ajoute également sa propre interprétation.

« Israël est un pays d’extrêmes. La deuxième Intifada a été un traumatisme que nous n’avons pas totalement surmonté. La plupart des pays ne connaissent pas de situations où les bus et les cafés explosent pendant des mois avec des centaines de personnes tuées. Ensuite, il y a eu l’évacuation de Gush Katif et les guerres de missiles qui ont eu lieu presque chaque été, d’abord dans le nord puis à Gaza jusqu’à Tel-Aviv. Et pendant que cela se passait, les politiciens et les capitalistes cyniques ont sauté sur l’occasion pour abuser la population ».

Selon lui, lorsque les gens se sentent traumatisés et craignent pour la vie de leurs enfants, ils ne remarquent pas que des lois sont votées et transfèrent la richesse de la majorité de la population vers les très riches.

« Regardez ce qui se passe maintenant : tout le monde est inquiet des attaques au couteau, à juste titre, et tout à coup le Premier ministre veut accélérer l’accord sur le gaz naturel », note-t-il, se référant à un plan controversé par lequel un groupe d’affaires, se trouve à exercer un monopole de fait sur les réserves de gaz naturel situées au large des côtes d’Israël.

Zelekha protestant contre l'accord sur le gaz (Crédit : Youtube)

Zelekha protestant contre l’accord sur le gaz (Crédit : Youtube)

« Vous pourriez dire, attendez, pourquoi est-ce urgent ? Ça l’est parce que le gouvernement sait que les gens sont sous le choc de toutes les attaques terroristes, de sorte qu’ils ne font pas attention. C’est la stratégie classique de pickpockets. Ils poussent quelqu’un, cette personne tombe et ne remarque pas que son portefeuille a disparu ».

Une voie de sortie ?

Ben-David pense que la seule façon d’inverser la trajectoire d’Israël passe par un réveil de la population et de sa lutte contre le pouvoir économique concentré.

« Nous parlons d’un très petit groupe de gens qui possèdent d’énormes privilèges. Ils ne les abandonneront pas juste parce que quelqu’un dit : « Ce n’est pas juste » ».

Son modèle est le président américain Teddy Roosevelt, qui, au tournant du 20e siècle a affronté les magnats, et rompu les monopoles des chemins de fer et du pétrole.

Malheureusement, dit Ben-David, les réformes se produisent le plus souvent qu’une fois qu’une catastrophe est arrivée.

« J’espère que nous n’en arriverons pas là. Après la Seconde Guerre mondiale, l’Europe a vu comment la faim dans les années 1930 a conduit au nazisme et au fascisme, alors les Etats-providence pour le logement et la santé publique ont été créés. Mais c’est arrivé après la plus grande catastrophe de l’Histoire ».

Réception populaire

La réception sur Facebook et Twitter a été majoritairement positive, bien qu’un critique, Rogel Alpher, a écrit dans Haaretz que le premier épisode avait quelques affinités avec les théories du complot.

« Les créateurs de « Cuillère en argent » ont donné à Guy Rolnik une plate-forme pour présenter ses théories (dont la plupart sont importantes et éclairantes) » écrit-il « mais ils lui ont donné un blanc-seing. Ils ont agi comme des collègues ou des groupies. Pendant presque tout l’épisode, Rolnik se tient devant un groupe d’étudiants silencieux, approbateurs et impressionnables qui ne remettent pas en cause ses positions ».

Un autre critique, un utilisateur de Twitter qui écrit sous le pseudo @FakeEhudBarak ironise sur le fait que la série tente apparemment d’attirer tout le monde. « Nous avons déjà essayé l’approche de l’économie d’une manière « apolitique » dans ce pays et le résultat a été [l’ancien ministre des Finances] Yaïr Lapid ».

L’immense majorité des réactions sur Twitter, cependant, ont parlé de la série comme une prise de conscience puissante.

« ‘Cuillère en argent’ est pour les plus courageux seulement » a tweeté le militant des droits des parents, Danny Harush. « Le regarder ne vous laisse que deux options : fuir cet endroit ou rester et vous battre de toutes vos forces contre ces personnes qui pillent le pays ».

Sources: The Times of Israel –  5 décembre 2015, 12:15

Pillage du Gaz d’Israel

Si les écologistes soutiennent le gaz, d’où viennent toutes les protestations sur le sujet ?

« Nous voulons mettre en lumière les activités anti-démocratiques autour de l’accord sur le gaz, » explique Abramovitch.

Le groupe environnemental Green Course est un des leaders du groupe de coordination des organisations environnementales qui organise tous les samedis soirdes protestations contre l’accord à gaz.

Au printemps, les activistes étaient en colère car les détails de l’accord sur le gaz n’ont pas été rendus au public – ni même aux membres de la Knesset eux-mêmes, avant que la pression externe n’ait forcé Netanyahu à révéler les termes de l’accord gazier le 30 juin.

« Le public se rend compte que l’accord sur le gaz est dangereux pour Israël. Il tient compte de l’exportation rapide de gaz israélien et nous laissera sans gaz dans l’avenir, » a dit Abramovitch.

Le 14 novembre dernier, plus de 10 000 personnes se sont réunies à Tel-Aviv pour protester contre l’accord sur le gaz, le plus grand rassemblement de ces derniers mois. Les activistes ont aussi organisé des protestations dans 15 autres villes dans tout le pays.

Abramovitch a crédité un documentaire de la télévision récent en trois parties « la cuillère en argent » afin d’amener cette question compliquée au premier rang du public.

L’orateur principal au rassemblement de Tel-Aviv était le Prof. Yaron Zelekha, l’ancien comptable général au ministère des Finances qui aussi une des étoiles dans la deuxième partie de « la cuillère en argent », et qui a qualifié l’accord sur le gaz de « vol organisé. »

« Au cours des mois passés nous avons ouvert les yeux du public sur la façon dont le gouvernement dépouille la plus grande ressource nationale jamais découverte ici, en le partageant avec un groupe de magnats sans presque aucune considération, » a dit Zelekha, selon des propos rapportés par Globes.

« Ceci est un monopole qui vend notre propre gaz sans nous consulter, et qu’il n’a reçu pour rien. Ils disent que cela vaut la peine de faire des concessions pour la position géostratégique d’Israël, mais Netanyahu commande Israël, le pays avec le logement le plus cher à l’Ouest. Le pays dans lequel les voitures sont les plus chères à l’Ouest. Le pays dans lequel la nourriture est la plus chère à l’Ouest et maintenant le pays avec le gaz le plus cher à l’Ouest et c’est notre gaz. »

Des milliers d'Israéliens manifestent contre l'accord sur le gaz naturel, dans le centre de Tel Aviv, le 7 novembre, 2015. (Crédit : Tomer Neuberg / Flash90)

Des milliers d’Israéliens manifestent contre l’accord sur le gaz naturel, dans le centre de Tel Aviv, le 7 novembre, 2015. (Crédit : Tomer Neuberg / Flash90)

Quelle est toute cette discussion sur l’article 52 ?

En décembre, l’ancien commissaire antitrust David Gilo a jugé que le conglomérat Delek-Noble, qui est chargé du Léviathan, peut constituer un monopole, suscitant un vif débat national sur les termes donnés aux entreprises d’énergie.

Conformément à l’Article 52 de la Loi antitrust, seul le ministre de l’Economie peut ignorer les règles du commissaire antitrust et donner une dispense spéciale à un monopole pour opérer en Israël si, par exemple, c’est essentiel pour des questions de sécurité.

Pendant l’année passée, Aryeh Deri (Shas), qui jusqu’à tout récemment était le ministre de l’Economie, a refusé de donner cette dispense et Netanyahu a laissé tomber au cours de l’été pour passer à un vote de la Knesset transférant « l’autorité de l’Article 52, » tel qu’il est connu, au cabinet plus large.

L'ancien chef de l'Autorité antitrust d'Israël, David Gilo, le 18 mars 2014 (Crédit : Flash 90)

L’ancien chef de l’Autorité antitrust d’Israël, David Gilo, le 18 mars 2014 (Crédit : Flash 90)

Gilo a démissionné en mai suite à la décision de Netanyahu de faire passer l’accord actuel, disant que l’accord ne promouvrait pas assez la concurrence dans le secteur du gaz naturel.

Le tollé public et des conflits intergouvernementaux ont forcé Netanyahu à apporter l’accord gazier à la Knesset pour un vote, qu’il avait espéré éviter puisqu’il n’était pas certain qu’il pourrait obtenir une majorité. La Knesset a passé l’accord le 7 septembre dernier, par 59 votes contre 51.

Même après le vote de Knesset, l’accord sur le gaz doit toujours ou obtenir l’approbation de la Commission Antitrust ou celui du ministre de l’Economie qui doit invoquer l’Article 52. Deri a refusé d’être le premier ministre à exercer cette clause et a donné sa démission.

Deri est maintenant le ministre du Développement du Néguev et de la Galilée et la Périphérie tandis que Netanyahu a pris le contrôle du portefeuille de l’Économie, en plus des trois autres portefeuilles qu’il s’est déjà octroyés : ministère des Affaires Étrangères, ministère de la Communications et le ministère de la Santé.

« Pour continuer l’accord [sur le gaz offshore] du ministère me sera transféré et je donnerai le feu vert » dans le cadre d’un plan d’accord avec un conglomérat d’énergie pour développer des gisements de gaz offshores, selon les propos de Netanyahu du 1er novembre.

Alors que dit exactement cet accord gazier ?

Conformément au plan, le Groupe de Delek vendra ses participations dans le gisement de gaz de Tamar, aussi bien que deux plus petits, des champs encore peu développés, à environ 120 kilomètres de la côte Haïfa appelée Karish et Tanin dans six ans.

Noble Energy réduira progressivement ses participations dans Tamar à pas plus de 25 % selon les mêmes délais. Pendant ces six ans, le prix pour le gaz naturel sera régulé.

Shaul Amsterdamski, un journaliste du journal économique Calcalist, a expliqué que l’accord actuel se concentre sur la question du duopole entre Nobel et Delek, pas sur des pourcentages spécifiques des revenus du gaz. « La question de ce qui arrivera du gaz, a été déjà résolue en 2011 avec la Commission de Sheshinski, donc la question n’est plus pertinente, » a-t-il souligné.

Qu’est-ce que Bill Clinton a avoir avec cela ?

Selon quelques sources (avec l’entreprise niant que c’est le cas), Bill Clinton a fait du lobbying pour Noble Energy dans le passé directement avec Netanyahu.

Quand la taille du Léviathan a été annoncée en 2009, prenant tout le monde au dépourvu, le ministre des Finances de l’époque, Yuval Steinitz, avait dit que le pays devait renégocier certains des allégements fiscaux et d’autres termes du contrat d’exploration.

Précédemment, Israël a été forcé d’offrir des allégements fiscaux attractifs à n’importe quelle entreprise voulant bien explorer le gaz naturel offshore car l’exploration était à un prix prohibitif et la chance de succès était inconnue.

Mais le Léviathan était plus grand que n’importe qui aurait pu l’imaginer. « Nous n’avions certainement pas des règlements qui étaient appropriés pour le niveau de la découverte, » a expliqué en août le Professeur Shimon Feinstein, professeur de géologie à l’Université de Ben-Gurion du Néguev.

« Nous nous sommes retrouvés dans cette situation très embarrassante où nous avons vendu un bail pour l’exploration avec certaines conditions et en raison de la découverte énorme qui était au-dessus de notre imagination, nous avons déclaré ‘Oh, nous avons fait une erreur,’ et nous changeons les règles du jeu après que la partie soit terminée. »

C’est exactement ce dont Bill Clinton a accusé Netanyahu de faire.

Selon le Wall Street Journal, un assistant de Clinton a rapporté que l’ancien président américain a soulevé la question au cours d’une réunion privée avec Netanyahu à New York en juillet 2010.

« Votre pays ne peut pas juste imposer à une entreprise américaine rétroactivement parce qu’ils ont envie de le faire » aurait dit Clinton a dit Netanyahu, selon un assistant.

Quand Clinton a parlé au 20e anniversaire de l’assassinat d’Yitzhak Rabin à la Place de Rabin le 31 octobre 2015, quelques membres de la foule l’ont hué en raison de ses pratiques de lobbying ‘au service’ de Noble Energy.

Un porte-parole de Noble Energy a nié que Bill Clinton a jamais été un lobbyiste payé par Noble.

Qu’en est-il du gaz naturel au large des côtes de l’Egypte ?

En août, une entreprise italienne explorant au large de la côte de l’Égypte a annoncé la découverte d’un gisement de gaz naturel « super-géant », un des plus grands jamais trouvés en Méditerranée qui pourrait avoir 2 500 milliards de mètres cubes, selon Mor d’Eco Ecergy (pour la comparaison, le domaines offshore d’Israël approche approximativement les 1,000 milliards de mètres cubes).

Ceci est un avantage pour l’économie en difficulté de l’Égypte, mais problématique pour Israël, qui avait espéré exporter le gaz naturel en Égypte.

Le marché intérieur pour le gaz naturel en Israël et les territoires palestiniens, qui sont dépendants de l’infrastructure israélienne, est approximativement de 8 milliards de mètres cubes par an. Ceci pourrait augmenter à 12 milliards de mètres cubes par an comme plus d’entreprises et d’usines sont connectées directement au gaz comme l’explique Mor.

« Les promoteurs et les partenaires ont besoin d’un marché export, » a-t-il dit.

Israël et la Cisjordanie seuls sont « trop petits pour économiquement justifier un multi-milliard de développement de dollars, » ajoute Mor.

Il estime que cela coûtera entre 6 et 7 milliards de dollars approximativement pour développer le domaine de Léviathan, mais les entreprises investiront seulement cet argent s’ils peuvent être assurés d’avoir un marché d’exportation stable.

Tandis qu’il y a eu une conversation autour d’un accord commun « Italie/Égypte/Israël », une autre option est de se tourner vers la Turquie. Mor a noté qu’un accord avec la Turquie fait beaucoup de sens économiquement, mais fait face aux obstacles politiques en raison de la relation tendue entre Israël et la Turquie depuis plusieurs années.

Les questions de sécurité relatives au gaz offshore ?

La plus grande question sécuritaire est tout de suite qu’il y a un pipeline unique menant du gisement de gaz de Tamar au rivage israélien.

« S’il y a un problème technique, ou un missile de Hezbollah ou le Hamas, tous les Israéliens et les Palestiniens vont être assis dans l’obscurité, » nous dit Mor.

« Pour des raisons de sécurité nationale, il est crucial de développer un autre pipeline pour pouvoir développer plus de gisements dans l’avenir. » Mor voudrait finalement voir quatre pipelines séparés de Tamar et du domaine de Léviathan, même si d’autres affirment que trois pourraient être suffisants. Les entreprises qui développent le Léviathan seraient responsables de mettre en place des pipelines supplémentaires.

Amsterdamski, le journaliste à Calcalist, nous dit que la question du pipeline unique est le problème principal qu’Israël doit résoudre. « C’est un problème économiquement parce qu’il signifie qu’il y a un monopole et aussi il y a un problème si quelque chose arrive, » a-t-il précisé.

Sources: The Times of Israel –  8 décembre 2015, 13:50