La plus grande menace pour Israël serait-elle le népotisme (et non le terrorisme) ?

Récemment diffusée, la série télé à succès « Cuillère en argent » entend stimuler l’imagination du public avec un examen en règle des inégalités et des élites avides de pouvoir.

Alors qu’Israël est désormais sous la menace quotidienne d’attaques au couteau, déjouées ou non, il est curieux qu’une émission de télévision parlant d’économie tienne le public en haleine. Tel est l’exploit de « Cuillère en argent » (Magash Hakesef), une série documentaire en trois parties diffusée sur la Huitième chaîne, une station câblée israélienne.

« Je viens de regarder deux épisodes de ‘Cuillère en argent’ » a tweetté l’avocat Yuval Yoaz. « Un coup à l’estomac, les mots me manquent ».

« Il s’agit peut-être de l’émission de télévision la plus importante des dix dernières années » a écrit l’entrepreneur high-tech Shai Wolkomir dans un post public sur Facebook.

« Pourquoi ? Peut-être (simple hypothèse), qu’elle a le pouvoir d’éveiller ce qui était mort en nous ».

Doron Tsabari, Guy Rolnik et Amir Ben-David (Crédit : Facebook)

Doron Tsabari, Guy Rolnik et Amir Ben-David (Crédit : Facebook)

Le documentaire, conçu par le journaliste Amir Ben-David et le réalisateur de télévision Doron Tsabari, est un réquisitoire dévastateur contre un système économique devenu si concentré et élitiste qu’Israël pourrait bientôt rivaliser avec le Rwanda et la Namibie dans le domaine de la corruption.

Chaque épisode de la série est centré autour d’un critique virulent du comportement des élites économiques d’Israël et de leurs relations incestueuses avec des hommes politiques.

Le premier est Guy Rolnik, le rédacteur en chef rebelle du quotidien économique The Marker. Le deuxième épisode suit Yaron Zelekha, l’ancien comptable général d’Israël qui a été évincé de son poste en 2007 après avoir accusé le Premier ministre d’alors, Ehud Olmert, de corruption. Le troisième et dernier épisode, se concentre sur Daniel Gottwein, un historien de l’économie enseignant à l’Université de Haïfa.

Tous les trois sont filmés lors de conférences données à des jeunes, et ces clips sont entrecoupés d’animations, d’interviews à la Michael Moore avec des gens puissants, et d’images d’archives.

La conclusion sans appel du documentaire est que l’avenir d’Israël est moins menacé par des ennemis extérieurs que par le capitalisme « de copinage » et l’emballement des inégalités qui est en passe de détruire le tissu social de l’intérieur.

Voler les fruits de l’économie.

La série débute avec des images d’une orangeraie. « Imaginez l’économie israélienne comme si c’était une orangeraie » raconte la voix-off.

« Les fruits appartiennent à nous tous. Mais l’orangeraie a besoin d’un jardinier – le gouvernement – qui est responsable de la cultiver, de distribuer les fruits de façon équitable, et de veiller à ce qu’elle donne encore des fruits dans les années à venir. Mais quelque chose dans notre orangeraie a mal tourné. Les groupes d’intérêt ont abusé de leur pouvoir pour manger plus de fruits que les autres, pour déraciner les arbres et même s’approprier des sections entières de l’orangeraie ».

Rolnik devant des étudiants (Crédit : YouTube)

Rolnik devant des étudiants (Crédit : YouTube)

Dans le premier épisode de « Cuillère en argent », Rolnik souligne qu’environ 20 individus contrôlent la plupart du crédit bancaire en Israël, et que seulement deux banques, Leumi et Hapoalim, contrôlent 60 % de ce crédit.

20 « magnats » d’élite israéliens, comme on les appelle en Israël, se prêtent de l’argent les uns les autres et échouent souvent à fournir du crédit aux petites entreprises, ce qui fait qu’une large partie de l’industrie est contrôlée par des monopoles ou des cartels. Parmi les magnats qu’il mentionne, l’on trouve Shari Arison, Nochi Dankner, Yair Hamburger, et Yitzhak Tshuva.

En fait, dit Rolnik, il y a 69 monopoles en Israël avec contrôle monopolistique ou quasi-monopolistique sur environ 125 secteurs de l’économie israélienne.

Dans le deuxième épisode de « Cuillère en argent », Zelekha montre comment fonctionne la concentration sur le marché alimentaire.

« La nourriture en Israël est de 20 % à 25 % plus chère qu’en Europe » décrit-il devant un auditoire d’étudiants et de citoyens divers. « Cinq entreprises – Tnuva, Strauss-Elite, Coca-Cola, Osem et Unilever Telma – rassemblent 48 % du total des aliments vendus en Israël. L’autre moitié du marché est répartie entre 1 008 petites entreprises ».

Zelekha visitant un supermarché, dans le documentaire (crédit : Youtube)

Zelekha visitant un supermarché, dans le documentaire (crédit : Youtube)

À un moment du documentaire, Zelekha visite un supermarché et commence à nommer les entreprises derrière chaque produit de l’étagère.

« Coca-Cola, Coca-Cola, Coca-Cola, » assène-t-il face aux rayonnages de boissons gazeuses.

Zelekha se tourne alors vers l’autre côté de l’allée, où il voit une rangée de bouteilles de Fuze Tea. Il en retourne une et, ô surprise, elle aussi est fabriquée par Coca-Cola. Zelekha répète le processus dans l’allée de produits laitiers, où des rangées et rangées de cartons portent l’étiquette Tnouva. Quand il aperçoit un carton produit par Tara, Zelekha le saisit et lit les petits caractères. « Coca-Cola ! », il annonce.

Zelekha informe son auditoire qu’Israël se classe 141e sur 148 pays en termes de niveau de concurrence sur les marchés de consommation. L’Etat juif, dit-il, est sur un pied d’égalité avec la Serbie, en Haïti, au Tchad et en Mongolie, et est même classé derrière la Libye, pourtant défaillante, en termes de compétitivité.

Quand on en vient à l’évaluation des efforts du gouvernement pour casser les monopoles, Israël se classe 109e dans le monde, selon Zelekha.

Mais il y a pire. Zelekha rapporte qu’Israël a chuté de 20 points dans les 13 dernières années dans les classements mondiaux de corruption. En 2001, Israël a été classé à la 16e place, à égalité avec les Etats-Unis.

En 2002, il est tombé à la 18e place. En 2005, Israël était à la 28e place en 2014 et il est tombé à la 37e. Si cette tendance se poursuit, Zelekha avertit dans le documentaire, dans 13 ans, le niveau de corruption du pays rivalisera avec celui du Rwanda, de la Namibie et de l’Angola.

« Des réactions incroyables”

Le co-créateur de « Cuillère en argent », Amir Ben-David a déclaré au Times d’Israël que les réactions à la diffusion du premier épisode ont été « incroyables ».

« Je n’ai jamais rien connu de tel. Des centaines de personnes sont entrées en contact avec moi. Les gens débattent, discutent et incitent leurs amis à le regarder. Nous avons eu une critique très positive du site web très connu des haredis, B’Hadrei Haredim, et la députée de Meretz, Zehava Gal-on, a déclaré que tout Israélien avait le devoir de le regarder ».

Selon Ben-David, le système de népotisme israélien s’est construit au cours des 30-40 dernières années alors que le regard de la population a été détourné vers les angoisses existentielles à propos des guerres et de la sécurité.

Des centaines de milliers d'Israéliens sur Kikar Hamedina en septembre 2011, pour davantage de justice sociale. Il s'agit de la plus grande manifestation de l'Histoire en Israel. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Des centaines de milliers d’Israéliens sur Kikar Hamedina en septembre 2011, pour davantage de justice sociale. Il s’agit de la plus grande manifestation de l’Histoire en Israel. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Des centaines de milliers d’Israéliens sur Kikar Hamedina en septembre 2011, pour davantage de justice sociale. Il s’agit de la plus grande manifestation de l’Histoire en Israel. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

« En 1976, Israël était l’un des pays les plus égalitaires du monde, aux côtés de la Suède. Aujourd’hui, c’est l’un des plus inégalitaires, et cela empire rapidement ».

Le problème, dit Ben-David, est que la plupart des gens ne comprennent pas l’économie.

« Au cours des dernières décennies, les gens ont choisi pour qui ils vont voter pour la base de leur position sur Jérusalem ou sur les négociations avec les Palestiniens, mais si vous leur demandez ce que leur représentant pense à propos de la fiscalité ou des taux d’intérêt, ils ne le savent pas ».

Il ajoute : « La plupart des gens voient l’économie comme quelque chose qui tombe du ciel, comme la pluie. Ce n’est pas le cas. Il y a des décisions, des politiques derrière des choix comme les taux d’intérêt, l’inflation et le fait que les prix des appartements sont à la hausse ou à la baisse. Voilà ce que nous essayons de faire dans la série : montrer que l’économie n’est pas le temps qu’il fait, elle se compose de décisions prises par des gens et il est possible de prendre des décisions qui serviront la majorité ».

Selon Ben-David, le troisième épisode offre une analyse historique de la façon dont Israël est passé d’une société très égalitaire à très inégalitaire en seulement trois décennies, mais il ajoute également sa propre interprétation.

« Israël est un pays d’extrêmes. La deuxième Intifada a été un traumatisme que nous n’avons pas totalement surmonté. La plupart des pays ne connaissent pas de situations où les bus et les cafés explosent pendant des mois avec des centaines de personnes tuées. Ensuite, il y a eu l’évacuation de Gush Katif et les guerres de missiles qui ont eu lieu presque chaque été, d’abord dans le nord puis à Gaza jusqu’à Tel-Aviv. Et pendant que cela se passait, les politiciens et les capitalistes cyniques ont sauté sur l’occasion pour abuser la population ».

Selon lui, lorsque les gens se sentent traumatisés et craignent pour la vie de leurs enfants, ils ne remarquent pas que des lois sont votées et transfèrent la richesse de la majorité de la population vers les très riches.

« Regardez ce qui se passe maintenant : tout le monde est inquiet des attaques au couteau, à juste titre, et tout à coup le Premier ministre veut accélérer l’accord sur le gaz naturel », note-t-il, se référant à un plan controversé par lequel un groupe d’affaires, se trouve à exercer un monopole de fait sur les réserves de gaz naturel situées au large des côtes d’Israël.

Zelekha protestant contre l'accord sur le gaz (Crédit : Youtube)

Zelekha protestant contre l’accord sur le gaz (Crédit : Youtube)

« Vous pourriez dire, attendez, pourquoi est-ce urgent ? Ça l’est parce que le gouvernement sait que les gens sont sous le choc de toutes les attaques terroristes, de sorte qu’ils ne font pas attention. C’est la stratégie classique de pickpockets. Ils poussent quelqu’un, cette personne tombe et ne remarque pas que son portefeuille a disparu ».

Une voie de sortie ?

Ben-David pense que la seule façon d’inverser la trajectoire d’Israël passe par un réveil de la population et de sa lutte contre le pouvoir économique concentré.

« Nous parlons d’un très petit groupe de gens qui possèdent d’énormes privilèges. Ils ne les abandonneront pas juste parce que quelqu’un dit : « Ce n’est pas juste » ».

Son modèle est le président américain Teddy Roosevelt, qui, au tournant du 20e siècle a affronté les magnats, et rompu les monopoles des chemins de fer et du pétrole.

Malheureusement, dit Ben-David, les réformes se produisent le plus souvent qu’une fois qu’une catastrophe est arrivée.

« J’espère que nous n’en arriverons pas là. Après la Seconde Guerre mondiale, l’Europe a vu comment la faim dans les années 1930 a conduit au nazisme et au fascisme, alors les Etats-providence pour le logement et la santé publique ont été créés. Mais c’est arrivé après la plus grande catastrophe de l’Histoire ».

Réception populaire

La réception sur Facebook et Twitter a été majoritairement positive, bien qu’un critique, Rogel Alpher, a écrit dans Haaretz que le premier épisode avait quelques affinités avec les théories du complot.

« Les créateurs de « Cuillère en argent » ont donné à Guy Rolnik une plate-forme pour présenter ses théories (dont la plupart sont importantes et éclairantes) » écrit-il « mais ils lui ont donné un blanc-seing. Ils ont agi comme des collègues ou des groupies. Pendant presque tout l’épisode, Rolnik se tient devant un groupe d’étudiants silencieux, approbateurs et impressionnables qui ne remettent pas en cause ses positions ».

Un autre critique, un utilisateur de Twitter qui écrit sous le pseudo @FakeEhudBarak ironise sur le fait que la série tente apparemment d’attirer tout le monde. « Nous avons déjà essayé l’approche de l’économie d’une manière « apolitique » dans ce pays et le résultat a été [l’ancien ministre des Finances] Yaïr Lapid ».

L’immense majorité des réactions sur Twitter, cependant, ont parlé de la série comme une prise de conscience puissante.

« ‘Cuillère en argent’ est pour les plus courageux seulement » a tweeté le militant des droits des parents, Danny Harush. « Le regarder ne vous laisse que deux options : fuir cet endroit ou rester et vous battre de toutes vos forces contre ces personnes qui pillent le pays ».

Sources: The Times of Israel –  5 décembre 2015, 12:15

Pillage du Gaz d’Israel

Si les écologistes soutiennent le gaz, d’où viennent toutes les protestations sur le sujet ?

« Nous voulons mettre en lumière les activités anti-démocratiques autour de l’accord sur le gaz, » explique Abramovitch.

Le groupe environnemental Green Course est un des leaders du groupe de coordination des organisations environnementales qui organise tous les samedis soirdes protestations contre l’accord à gaz.

Au printemps, les activistes étaient en colère car les détails de l’accord sur le gaz n’ont pas été rendus au public – ni même aux membres de la Knesset eux-mêmes, avant que la pression externe n’ait forcé Netanyahu à révéler les termes de l’accord gazier le 30 juin.

« Le public se rend compte que l’accord sur le gaz est dangereux pour Israël. Il tient compte de l’exportation rapide de gaz israélien et nous laissera sans gaz dans l’avenir, » a dit Abramovitch.

Le 14 novembre dernier, plus de 10 000 personnes se sont réunies à Tel-Aviv pour protester contre l’accord sur le gaz, le plus grand rassemblement de ces derniers mois. Les activistes ont aussi organisé des protestations dans 15 autres villes dans tout le pays.

Abramovitch a crédité un documentaire de la télévision récent en trois parties « la cuillère en argent » afin d’amener cette question compliquée au premier rang du public.

L’orateur principal au rassemblement de Tel-Aviv était le Prof. Yaron Zelekha, l’ancien comptable général au ministère des Finances qui aussi une des étoiles dans la deuxième partie de « la cuillère en argent », et qui a qualifié l’accord sur le gaz de « vol organisé. »

« Au cours des mois passés nous avons ouvert les yeux du public sur la façon dont le gouvernement dépouille la plus grande ressource nationale jamais découverte ici, en le partageant avec un groupe de magnats sans presque aucune considération, » a dit Zelekha, selon des propos rapportés par Globes.

« Ceci est un monopole qui vend notre propre gaz sans nous consulter, et qu’il n’a reçu pour rien. Ils disent que cela vaut la peine de faire des concessions pour la position géostratégique d’Israël, mais Netanyahu commande Israël, le pays avec le logement le plus cher à l’Ouest. Le pays dans lequel les voitures sont les plus chères à l’Ouest. Le pays dans lequel la nourriture est la plus chère à l’Ouest et maintenant le pays avec le gaz le plus cher à l’Ouest et c’est notre gaz. »

Des milliers d'Israéliens manifestent contre l'accord sur le gaz naturel, dans le centre de Tel Aviv, le 7 novembre, 2015. (Crédit : Tomer Neuberg / Flash90)

Des milliers d’Israéliens manifestent contre l’accord sur le gaz naturel, dans le centre de Tel Aviv, le 7 novembre, 2015. (Crédit : Tomer Neuberg / Flash90)

Quelle est toute cette discussion sur l’article 52 ?

En décembre, l’ancien commissaire antitrust David Gilo a jugé que le conglomérat Delek-Noble, qui est chargé du Léviathan, peut constituer un monopole, suscitant un vif débat national sur les termes donnés aux entreprises d’énergie.

Conformément à l’Article 52 de la Loi antitrust, seul le ministre de l’Economie peut ignorer les règles du commissaire antitrust et donner une dispense spéciale à un monopole pour opérer en Israël si, par exemple, c’est essentiel pour des questions de sécurité.

Pendant l’année passée, Aryeh Deri (Shas), qui jusqu’à tout récemment était le ministre de l’Economie, a refusé de donner cette dispense et Netanyahu a laissé tomber au cours de l’été pour passer à un vote de la Knesset transférant « l’autorité de l’Article 52, » tel qu’il est connu, au cabinet plus large.

L'ancien chef de l'Autorité antitrust d'Israël, David Gilo, le 18 mars 2014 (Crédit : Flash 90)

L’ancien chef de l’Autorité antitrust d’Israël, David Gilo, le 18 mars 2014 (Crédit : Flash 90)

Gilo a démissionné en mai suite à la décision de Netanyahu de faire passer l’accord actuel, disant que l’accord ne promouvrait pas assez la concurrence dans le secteur du gaz naturel.

Le tollé public et des conflits intergouvernementaux ont forcé Netanyahu à apporter l’accord gazier à la Knesset pour un vote, qu’il avait espéré éviter puisqu’il n’était pas certain qu’il pourrait obtenir une majorité. La Knesset a passé l’accord le 7 septembre dernier, par 59 votes contre 51.

Même après le vote de Knesset, l’accord sur le gaz doit toujours ou obtenir l’approbation de la Commission Antitrust ou celui du ministre de l’Economie qui doit invoquer l’Article 52. Deri a refusé d’être le premier ministre à exercer cette clause et a donné sa démission.

Deri est maintenant le ministre du Développement du Néguev et de la Galilée et la Périphérie tandis que Netanyahu a pris le contrôle du portefeuille de l’Économie, en plus des trois autres portefeuilles qu’il s’est déjà octroyés : ministère des Affaires Étrangères, ministère de la Communications et le ministère de la Santé.

« Pour continuer l’accord [sur le gaz offshore] du ministère me sera transféré et je donnerai le feu vert » dans le cadre d’un plan d’accord avec un conglomérat d’énergie pour développer des gisements de gaz offshores, selon les propos de Netanyahu du 1er novembre.

Alors que dit exactement cet accord gazier ?

Conformément au plan, le Groupe de Delek vendra ses participations dans le gisement de gaz de Tamar, aussi bien que deux plus petits, des champs encore peu développés, à environ 120 kilomètres de la côte Haïfa appelée Karish et Tanin dans six ans.

Noble Energy réduira progressivement ses participations dans Tamar à pas plus de 25 % selon les mêmes délais. Pendant ces six ans, le prix pour le gaz naturel sera régulé.

Shaul Amsterdamski, un journaliste du journal économique Calcalist, a expliqué que l’accord actuel se concentre sur la question du duopole entre Nobel et Delek, pas sur des pourcentages spécifiques des revenus du gaz. « La question de ce qui arrivera du gaz, a été déjà résolue en 2011 avec la Commission de Sheshinski, donc la question n’est plus pertinente, » a-t-il souligné.

Qu’est-ce que Bill Clinton a avoir avec cela ?

Selon quelques sources (avec l’entreprise niant que c’est le cas), Bill Clinton a fait du lobbying pour Noble Energy dans le passé directement avec Netanyahu.

Quand la taille du Léviathan a été annoncée en 2009, prenant tout le monde au dépourvu, le ministre des Finances de l’époque, Yuval Steinitz, avait dit que le pays devait renégocier certains des allégements fiscaux et d’autres termes du contrat d’exploration.

Précédemment, Israël a été forcé d’offrir des allégements fiscaux attractifs à n’importe quelle entreprise voulant bien explorer le gaz naturel offshore car l’exploration était à un prix prohibitif et la chance de succès était inconnue.

Mais le Léviathan était plus grand que n’importe qui aurait pu l’imaginer. « Nous n’avions certainement pas des règlements qui étaient appropriés pour le niveau de la découverte, » a expliqué en août le Professeur Shimon Feinstein, professeur de géologie à l’Université de Ben-Gurion du Néguev.

« Nous nous sommes retrouvés dans cette situation très embarrassante où nous avons vendu un bail pour l’exploration avec certaines conditions et en raison de la découverte énorme qui était au-dessus de notre imagination, nous avons déclaré ‘Oh, nous avons fait une erreur,’ et nous changeons les règles du jeu après que la partie soit terminée. »

C’est exactement ce dont Bill Clinton a accusé Netanyahu de faire.

Selon le Wall Street Journal, un assistant de Clinton a rapporté que l’ancien président américain a soulevé la question au cours d’une réunion privée avec Netanyahu à New York en juillet 2010.

« Votre pays ne peut pas juste imposer à une entreprise américaine rétroactivement parce qu’ils ont envie de le faire » aurait dit Clinton a dit Netanyahu, selon un assistant.

Quand Clinton a parlé au 20e anniversaire de l’assassinat d’Yitzhak Rabin à la Place de Rabin le 31 octobre 2015, quelques membres de la foule l’ont hué en raison de ses pratiques de lobbying ‘au service’ de Noble Energy.

Un porte-parole de Noble Energy a nié que Bill Clinton a jamais été un lobbyiste payé par Noble.

Qu’en est-il du gaz naturel au large des côtes de l’Egypte ?

En août, une entreprise italienne explorant au large de la côte de l’Égypte a annoncé la découverte d’un gisement de gaz naturel « super-géant », un des plus grands jamais trouvés en Méditerranée qui pourrait avoir 2 500 milliards de mètres cubes, selon Mor d’Eco Ecergy (pour la comparaison, le domaines offshore d’Israël approche approximativement les 1,000 milliards de mètres cubes).

Ceci est un avantage pour l’économie en difficulté de l’Égypte, mais problématique pour Israël, qui avait espéré exporter le gaz naturel en Égypte.

Le marché intérieur pour le gaz naturel en Israël et les territoires palestiniens, qui sont dépendants de l’infrastructure israélienne, est approximativement de 8 milliards de mètres cubes par an. Ceci pourrait augmenter à 12 milliards de mètres cubes par an comme plus d’entreprises et d’usines sont connectées directement au gaz comme l’explique Mor.

« Les promoteurs et les partenaires ont besoin d’un marché export, » a-t-il dit.

Israël et la Cisjordanie seuls sont « trop petits pour économiquement justifier un multi-milliard de développement de dollars, » ajoute Mor.

Il estime que cela coûtera entre 6 et 7 milliards de dollars approximativement pour développer le domaine de Léviathan, mais les entreprises investiront seulement cet argent s’ils peuvent être assurés d’avoir un marché d’exportation stable.

Tandis qu’il y a eu une conversation autour d’un accord commun « Italie/Égypte/Israël », une autre option est de se tourner vers la Turquie. Mor a noté qu’un accord avec la Turquie fait beaucoup de sens économiquement, mais fait face aux obstacles politiques en raison de la relation tendue entre Israël et la Turquie depuis plusieurs années.

Les questions de sécurité relatives au gaz offshore ?

La plus grande question sécuritaire est tout de suite qu’il y a un pipeline unique menant du gisement de gaz de Tamar au rivage israélien.

« S’il y a un problème technique, ou un missile de Hezbollah ou le Hamas, tous les Israéliens et les Palestiniens vont être assis dans l’obscurité, » nous dit Mor.

« Pour des raisons de sécurité nationale, il est crucial de développer un autre pipeline pour pouvoir développer plus de gisements dans l’avenir. » Mor voudrait finalement voir quatre pipelines séparés de Tamar et du domaine de Léviathan, même si d’autres affirment que trois pourraient être suffisants. Les entreprises qui développent le Léviathan seraient responsables de mettre en place des pipelines supplémentaires.

Amsterdamski, le journaliste à Calcalist, nous dit que la question du pipeline unique est le problème principal qu’Israël doit résoudre. « C’est un problème économiquement parce qu’il signifie qu’il y a un monopole et aussi il y a un problème si quelque chose arrive, » a-t-il précisé.

Sources: The Times of Israel –  8 décembre 2015, 13:50

Shaked accuse la Cour suprême de causer du tort à l’économie israélienne et d’être sous l’influence de lobbies.

Shaked accuse la Cour suprême de causer du tort à l’économie israélienne et d’être sous l’influence de lobbies

L’institution judiciaire a été choquée par les déclarations de la ministre israélienne de la Justice, Ayelet Shaked, à l’encontre de la Cour Suprême prononcés lundi soir lors d’un lors du colloque annuel des avocats à Eilat (sud) rapportent mardi les médias israéliens.

La ministre de la Justice Ayelet Shaked, a critiqué la décision de l’annulation partielle par la Cour suprême de l’accord gazier qui pourrait, selon elle, avoir des conséquences néfastes sur l’économie israélienne et causer des milliards de dollars de dégâts.

« Les limites ont été franchies. La Cour suprême a pris des positions qu’elle n’aurait pas dû prendre. La Cour s’est penchée sur des questions politiques qui auraient dû être décidées par un vote et non par une décision de justice. Nous sommes arrivés à la situation absurde où les opposants à l’accord gazier sont des membres de la Knesset et de lobbies s’opposant à l’accord et qui ont un moyen de promouvoir leurs convictions politiques par le biais du système juridique. »

Shelly Yachimovich du parti Union sioniste (centre gauche), a réagi aux propos de la ministre de la Justice exigeant qu’elle soit « congédiée suite à sa charge contre la Cour suprême ».

En réponse aux déclarations de Yachimovich appelant la ministre de la Justice à démissionner,  Ayalet Shaked a réitéré ses propos et a rétorqué que Yachimovich a franchi la ligne rouge.

L’ancienne ministre de la Justice, Tzipi Livni (Union sioniste), a déclaré quant à elle que Shaked a « enfoncé une épée politique en plein cœur de la Cour suprême » ajoutant  « qu’il s’agit d’un combat de valeurs et non de pouvoir ».

Le Cour suprême fait régulièrement l’objet d’un débat en Israël, entre ceux qui l’accusent de s’adonner au « militantisme judiciaire » et ceux qui prônent sa prépondérance par une séparation stricte des pouvoirs judiciaires et politiques.

Sources: I24news le 5/04/16

Israël: plus de 1/3 des immigrants retraités vivent sous le seuil de pauvreté

Pas de coordination entre les différents ministères ni budget spécifique, pointe un rapport parlementaire

 

Plus d’un tiers des nouveaux immigrants seniors vivent sous le seuil de la pauvreté en Israël, révèle une étude du centre de Recherche et d’Information de la Knesset.

Il s’agit d’un pourcentage relativement important comparé aux autres groupes de population précaire.

Le rapport a été préparé sur demande de la Commission parlementaire de l’Immigration, de l’Absorption et de la Diaspora pour étudier la gestion par les autorités israéliennes des immigrants seniors.

Une des principales raisons de la précarité de cette population est l’absence de droit à une retraite en Israël et leur incapacité d’obtenir une allocation de leur pays d’origine, indique le rapport qui précise que le taux de pauvreté au sein de cette population âgée qui s’est installée en Israël depuis 1989 jusqu’à aujourd’hui est de 36,6% alors qu’il est de 18,5% pour les autres catégories de nouveaux immigrants.

Le taux de pauvreté au sein de la population âgée tous groupes confondus est de 22%.

Depuis 1989 et jusqu’en 2015, environ 200.000 nouveaux immigrants seniors sont arrivés en Israël, constituant 17% du total des nouveaux immigrants. Pour la seule année 2015, 4.000 nouveaux immigrants âgés de 65 ans et plus se sont installés en Israël.

Cette population souffre également de problèmes de santé et de langage et a des difficultés à faire face à une bureaucratie qui ne lui est pas familière, mais les problèmes sont exacerbés par l’absence de retraite ou d’un montant très bas.

La responsabilité des affaires concernant les « olim » retraités incombe à la fois au ministère de l’Absoption, à celui des Affaires sociales et celui des Personnes âgées, mais il n’existe aucun budget spécifiquement désigné pour cette population.

Dans bien des cas, ce sont les collectivités locales qui doivent assumer le versement d’allocations ou d’aides ponctuelles qui sont financées par des dons privés. Et ce dons se concrétisent par des bons d’alimentation, des repas chauds, des appareils de chauffage ou une aide pour des appareils dentaires ou des médicaments. Souvent également les différents organismes chargés du traitement des personnes âgées ne sont pas coordonnés, pointe le rapport.

Le président de la Commission parlementaire, Avraham Nagosa (Likoud), a indiqué qu’il travaille actuellement au transfert d’une gestion unique des nouveaux immigrants seniors par le ministère de l’Absorption.

« Nous avons constaté que bon nombre d’entre eux ne profitent pas des dispositifs auxquels ils ont droit. Je demande au ministère de l’Absorption de prendre en charge cette tâche et de traduire les droits de chacun dans toutes les langues », a-t-il confié au journal Haaretz.

Un tiers des enfants israeliens vivent dans la pauvreté

L’année dernière, l’INA a classé 1,7 million de personnes comme pauvre en Israël, y compris 776 000 enfants de 444 900 familles, faisant de l’état juif l’un des pays les plus touchés par la pauvreté dans le monde développé. Selon le bureau central des statistiques, il y a un total de 2 740 000 enfants âgés de 17 ans ou moins en Israël.

Les données montrent, cependant, qu’il y a seulement eu une légère augmentation de la proportion de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, comparé à 2014. Les standards de l’INA définissent la pauvreté pour une personne seule à un revenu inférieur à 3 077 NIS ($792) par mois, et à 4 923 NIS pour un couple.

Une famille de cinq personnes dont le revenu est inférieur à 9 230 NIS est aussi considérée comme pauvre. Les résultats placent le niveau de pauvreté d’Israël au second niveau parmi les nations de l’OCDE, le Mexique étant en première place. Israël a aussi le second taux de pauvreté le plus élevé chez les enfants, derrière la Turquie.

Les personnes pauvres représentaient 21,8 % de la population en 2013 et 22 % en 2014, tandis que les familles pauvres passent de 16,8 % du total en 2013 à 18,8% en 2014.

Parmi les familles avec des enfants, 23,3 % étaient considérées comme pauvres en 2014, comparé à 23 % en 2013. Le nombre d’enfants vivant dans la pauvreté a augmenté de 30,8 % à 31 % sur la même période.

Au contraire, le nombre de familles monoparentales qui vivent dans la pauvreté a chuté de 27,5% en 2013 à 24% en 2014. Les familles qui n’ont qu’une seule source de revenus vivant dans la pauvreté étaient 29,5% en 2013, et 30,2% en 2014.

Parmi les ultra-orthodoxes, 54,3 % sont sous le seuil de pauvreté, et deux tiers de ces enfants vivent dans la pauvreté.

Katz défendait la politique du gouvernement sur la pauvreté et a promis de faire plus de progrès en s’assurant que les personnes qui travaillent gagnent un salaire décent.

« Dans le budget actuel, nous avons augmenté les indemnités pour les personnes âgées qui reçoivent un revenu de soutien et créé un outil pour réduire la pauvreté intergénérationnelle, sous la forme d’un don pour chaque enfant – des étapes qui réduisent la pauvreté », a-t-il déclaré.

Haim Katz, président de la commission du Travail, des Affaires sociales et de la Santé à la Knesset (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Haim Katz, président de la commission du Travail, des Affaires sociales et de la Santé à la Knesset (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« Nous allons vaincre le phénomène pervers dans lequel les gens qui travaillent sont pauvres et ne peuvent pas terminer le mois », a promis Katz. « L’Etat est obligé de soutenir les populations en difficulté et d’assurer les besoins de tous ceux qui, pour des raisons légitimes, ne peuvent pas travailler.

« La plus grande responsabilité du pays est de donner à l’homme qui travaille la capacité de gagner un salaire respectable. La pauvreté n’est pas une fatalité, et avec une planification correcte, nous pouvons réduire le niveau de pauvreté en Israël. »

Le chef de l’opposition le député Isaac Herzog de l’Union sioniste a demandé une enquête sur la pauvreté dans le pays.

« La pauvreté est une guerre qui fait des centaines de milliers de victimes », a déclaré Herzog. « Netanyahu doit répondre pour cela. »

« Le rapport sur la pauvreté n’intéresse pas le Premier ministre, » a-t-il écrit sur son compte Twitter. « Pourquoi ? Parce que la pauvreté et les pauvres n’intéressent le Premier ministre. Il n’a pas de temps pour eux. »

CHARTE DU MOUVEMENT


Le mouvement Beith David – Malkhout Israël, propose au peuple d’Israël à travers le monde entier, y compris ses tribus récemment retrouvées, le rétablissement d’Israël selon les principes suivants:

Principes fondamentaux :

  • La foi d’Israël et ses valeurs sont ancrées dans la Torah; appelée Bible par les nations.
  • La terre d’Israël, son territoire et ses frontières, sont tels que D’ieu l’a défini et promis au peuple juif dans la Torah.
  • La raison d’être de la nation d’Israël sur sa terre est l’unification du peuple juif en vue de l’accomplissement de son rôle véritable pour le monde tel que définit dans la Torah. Israël se doit d’assumer son devoir d’apporter, à son peuple et au monde, sagesse, vérité, force et justice afin de guider les nations et de leur permettre de connaître, de façon effective, l’accomplissement des dernières prophéties de la Torah concernant l’ère finale de paix et de plénitude pour l’humanité.

Rétablir la direction authentique d’Israël:

  • Unification des maîtres de la Torah et établissement du conseil des sages d’Israël.
  • Rédaction de la nouvelle constitution d’Israël et de ses lois.
  • Rétablissement de la direction authentique d’Israël avec le:
    • remplacement de la Cour Suprême actuelle par le Sanhedrine de 71 sages.
    • remplacement du 1er Ministre par un roi juif désigné selon la loi d’Israël et sa Torah.
    • remplacement de la Knesseth par l’assemblée du conseil des sages d’Israël.

Citoyenneté:

  • Un citoyen de la nation d’Israël est une personne appartenant au peuple juif au sens de la loi juive (alakha).
  • Tout personne résidente en Israël et n’appartenant pas au peuple juif aura, de façon temporaire, un statut d’invité de la nation. Ses droits et devoirs seront défini par les futures autorités de la nations.
  • Toute personne remettant en question la souveraineté juive sera expulsée du territoire et sa nationalité israélienne annulée. (Mouvements d’incitation à la haine contre Israël, missionnaires, antisémites,  idolâtres, sectes…).

Sécurité nationale & terrorisme:

  • Israël est absolument libre et indépendant afin d’agir face à toute menace.
  • La peine de mort sera appliquée pour les terroristes et leur élimination systématique avant qu’ils ne puissent agir (Tuer avant d’être tué).
  • Aucun traitement de faveur pour les prisonniers ennemis d’Israël.
  • Expulsion les familles des terroristes ou personnes soutenant le terrorisme.
  • Saisie de la totalité du patrimoine, tant immobilier que financier, des familles terroristes ou le soutenant, en faveur des victimes israéliennes du terrorisme.
  • Destruction systématique des outils de propagande palestiniens et lutte totale contre l’islamisme, sa propagande, ses mensonges et ses plus profondes racines idéologiques.
  • Mise en place d’un programme intensif de dialogue et de « rééducation » du peuple palestinien. Et de façon plus large, la perception de ce qu’est le peuple juif, sa vocation véritable et celle du véritable Israël, par les musulmans dans leur ensemble.

Justice, Torah & pauvreté:

  • Éradication totale de la mafia et de la corruption présente au plus haut niveau de la nation.
  • Éradication totale de la pauvreté avec prélèvement de 10 % du budget national alloué à cette seule cause (Maasser).
  • Politique de soutien réel de retour des juifs en Israël et des 10 tribus retrouvées.
  • Mise en place de pourparlers avec les grandes religions et les nations.
  • Investissement dans la diffusion du judaïsme et rehaussement de la Torah auprès du peuple en amenant le monde religieux à s’ouvrir sur le peuple d’Israël et l’aider dans ses réels besoins (Populariser la Torah et réunifier le peuple)
  • Interdiction de toute activité pouvant nuire au patrimoine historique, religieux et à l’intégrité de la terre d’Israël.
  • Annexion des territoires libérés et reprise des lieux Saints (Kever Yossef, Marpellah…) hors esplanade du Temple tant que la alakha ne le permet pas.

Indépendance nationale:

  • La nation est souveraine et absolument indépendante. Elle seule décide de ses valeurs, de ses lois, ses priorités et de son avenir.
  • Aucune alliance, ni aucune nation ou groupement de nations, ne sauraient justifier d’un détournement de la foi d’Israël en son D’ieu.