Malkhout Israël · Livre I

Synthèse 06 · 10 – 17 septembre 2026 · Chapitre 14

Israël dans la pensée première de D’ieu

Du secret de l’origine au dévoilement de la Malkhout

Une lecture des enseignements du Rav Itshak Ginsburgh — Cycle « Malkhout Israël » — Livre I — Chapitre 14 : « Souviens-toi des jours du monde », זכור ימות עולם‎ ( 10 – 17 septembre 2026)

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L’histoire du monde se déploie sur trois grandes périodes :

Mais en réalité, il existe une autre période de 2 000 ans : la Torah précède la Création.

Nous obtenons alors :

Torah → Tohu → Torah → Machia’h

Et avant même la Torah existe un niveau plus profond encore : Israël est présent dans la pensée première d’Hachem. Les âmes d’Israël prennent leur source dans le Kotz shel Youd, la pointe du Youd, dans la volonté divine qui précède même le plan de la Création. C’est le secret de Sof Maassé beMachshava Te’hila : la fin de l’action est présente dans la pensée première. Ce qui doit apparaître à la fin était donc déjà présent à l’origine.

1. Retrouver le point qui ne peut pas tomber

Pour permettre au monde d’exister, la lumière infinie d’Hachem se contracte : c’est le Tsimtsoum. Chaque commencement nécessite ainsi un Bitoul, la capacité de faire de la place à une autre réalité. La faute introduit le mouvement inverse. Le serpent fait entrer dans l’homme la conscience du Yesh Ani : « j’existe par moi-même ». De cette illusion d’une existence séparée naît la Gaava, l’orgueil.

Le Tikoun est le Bitoul HaYesh : non pas disparaître, mais reconnaître que notre existence et notre volonté prennent leur source en Hachem. Mais la possibilité de tomber fait elle-même partie du projet. Qui est Tzadik ? Celui qui possède la capacité de se relever après avoir chuté. Roch Hachana exprime cette possibilité permanente de recommencer. La faute existe, la chute existe, mais elles ne constituent jamais la fin de l’histoire. Car au plus profond demeure un point qu’aucune chute ne peut atteindre : le Kotz shel Youd, la racine première de l’âme d’Israël. Même lorsque tout semble avoir été atteint, demeure la fiole d’huile pure. On peut recouvrir ce point. On ne peut pas le détruire.

2. Du Ratzon à l’Emouna Pshouta

Le chemin du retour vers cette racine traverse plusieurs niveaux. Le Ratzon, la volonté, est le Tzinor, le conduit qui pousse l’homme vers Hachem. Mais au-dessus du Ratzon se trouve le Taanoug : le plaisir profond de servir Hachem. Le Shabbat en est l’expression particulière : même manger, boire et jouir du monde matériel peuvent devenir partie intégrante du service divin. Plus profondément encore se trouve l’Emouna Pshouta, la foi simple. Elle atteint Radla — Reisha Delo Ityada, « la Tête qui n’est pas connue » : un niveau qui dépasse ce que le Sekhel, l’intelligence, peut démontrer ou saisir.

C’est aussi le niveau de la Messirout Nefesh, le don de soi. Israël est enraciné dans cette Emouna Pshouta. Mais cette foi n’a pas vocation à rester dans les hauteurs : elle doit descendre dans la vie concrète, particulièrement en Eretz Israël, afin d’y dévoiler la Torah de la Malkhout.

3. Goral, Roua’h Hakodesh, Sekhel : faire descendre la volonté d’Hachem

Cette rencontre entre ce qui dépasse l’intelligence et la réalité concrète apparaît dans le partage et la construction d’Eretz Israël à travers trois niveaux :

Le but n’est donc pas de choisir entre Emouna et Sekhel, entre foi et intelligence. Le mouvement consiste à faire descendre ce qui prend sa source au-dessus de la raison jusque dans la raison elle-même :

Goral → Roua’h Hakodesh → Sekhel

Volonté divine cachée → inspiration → Torah appliquée au réel

La Torah n’est pas destinée à rester séparée du monde. Elle doit pénétrer la réalité et la transformer. C’est pourquoi trois dimensions deviennent inséparables :

Torah — Am Israël — Eretz Israël

Eretz Israël est précisément le réceptacle physique de la Sefira de Malkhout. L’Emouna d’Israël doit donc trouver son expression dans un peuple rassemblé sur sa Terre et capable d’y faire vivre la Torah.

4. De Malkhout Israël à l’unification du Nom

Le rassemblement d’Israël possède ainsi une dimension qui dépasse le seul retour géographique. Les âmes dispersées retrouvent leur racine commune dans le Kotz shel Youd, là où Israël était déjà présent dans la pensée première. L’unité d’Israël sur sa Terre participe ainsi à l’unification du Nom d’Hachem. Cette transformation doit finalement atteindre le monde matériel lui-même.

Aujourd’hui :

וה = 11 → la matière peut dominer l’âme

À la fin des temps :

וה → יה

11 → 15

primauté du corps → primauté de l’âme

Il ne s’agit pas de supprimer le corps ou la matière. Le corps lui-même doit être élevé jusqu’à devenir un réceptacle de la Kedoucha. C’est alors que le Nom divin se révélera sous sa forme future :

יהוה → יהיה — Yehyeh, « Il sera »

Ce qui appartient aujourd’hui à l’Alma d’Itkassia, le monde caché, se dévoilera dans l’Alma d’Itgalia, le monde révélé. Le caché deviendra visible. L’âme élèvera le corps. La pensée première pénétrera la réalité.

Alors s’accomplira la parole du prophète : « En ce jour-là, Hachem sera Un et Son Nom sera Un. »

Idée essentielle

Toute cette étude décrit un seul mouvement : faire descendre dans le monde ce qui était présent depuis l’origine dans la pensée d’Hachem.

Israël dans la pensée première

Torah

Création, chute et séparation

Bitoul et retour à la racine

Emouna Pshouta

Goral → Roua’h Hakodesh → Sekhel

Torah — Am Israël — Eretz Israël

Malkhout Israël

unification du Nom d’Hachem

La Guéoula ne consiste donc pas à abandonner ce monde pour retrouver sa Source.

Elle consiste à faire descendre cette Source jusque dans ce monde.

Le peuple d’Israël retrouve son unité sur sa Terre, l’Emouna pénètre le Sekhel, la Torah transforme la réalité, l’âme élève le corps et la matière elle-même devient le réceptacle de la Kedoucha.

C’est alors que la fin rejoint véritablement le commencement :

Sof Maassé beMachshava Te’hila — ce qui apparaît à la fin était déjà présent dans la pensée première.

SHABBAT SHALOM LEKOULAM !

Synthèses réalisées par la Havrouta de Jérusalem à partir des enseignements du Rav Yitzchak Guinsburgh.